Taxe sur les petits colis : quand l’État taxe le XXIe siècle avec des réflexes du XXe

Deux euros par colis commandé en ligne. Une mesure qui devait « sauver » notre commerce et taxer les géants du net, mais qui démontre surtout une chose : nos dirigeants ne comprennent absolument rien à l’économie digitale ni au fonctionnement des systèmes complexes.

Je regardais récemment un reportage édifiant. La caméra filmait un « hangar » de dédouanement censé traiter ces fameux petits colis pour y appliquer la nouvelle surtaxe. Le résultat ? Le hangar est vide. Les petits colis n’arrivent plus par le chemin habituel.

En tant qu’ingénieur ayant passé 30 ans à concevoir et optimiser des systèmes, je ne suis pas surpris. Ce que nos politiciens de carrière ne comprennent pas, c’est la notion de « contournement de système ».

Le syndrome de la « taxe sur les yachts »

Nous revivons exactement le même fiasco que la fameuse taxe sur les yachts. Souvenez-vous : l’État voulait taxer les ultra-riches. Résultat ? Les yachts sont partis s’amarrer en Italie ou en Espagne. L’État n’a rien récolté, mais a détruit des centaines d’emplois dans nos ports de plaisance.

Aujourd’hui, l’histoire se répète. Face à l’agilité des géants mondiaux du e-commerce et de la logistique, l’État français oppose la lourdeur d’une taxe territoriale du XXe siècle.
Que se passe-t-il dans la vraie vie ? Les plateformes réorganisent leurs flux d’approvisionnement, massifient leurs envois depuis des entrepôts européens de pays voisins, ou trouvent des failles logistiques en quelques jours.

Le logiciel de nos dirigeants est périmé. Ils pensent que décréter une taxe suffit à la récolter. Dans l’économie du XXIe siècle, si une règle est stupide ou inadaptée, le flux la contourne. Et au final, qui paiera l’addition si la taxe finit par s’appliquer ? Toujours le même : le consommateur de la classe moyenne, qui cherchait juste à préserver son pouvoir d’achat.

L’aveu de faiblesse d’un État qui refuse de se réformer

Cette taxe de 2 euros n’est pas une politique économique. C’est le réflexe pavlovien d’un État obèse, incapable de maîtriser ses propres dépenses, et qui gratte les fonds de tiroirs.

Plutôt que d’avoir le courage de réduire son train de vie, l’État invente des micro-taxes inutilisables. C’est exactement ce que nous dénonçons dans le Projet Phénix.

On ne sauve pas le commerce de proximité en taxant les colis à 2 euros. On le sauve :

  1. En baissant massivement les charges qui pèsent sur le travail de nos artisans et commerçants (ce que propose notre Grande Bascule).
  2. En supprimant les impôts de production.
  3. En appliquant un choc de simplification administrative radical.

La méthode Phénix : la fin du « Millefeuille fiscal »

Dans le Projet Phénix, nous avons une doctrine claire détaillée dans le Pilier I : L’État exemplaire.
Avant d’inventer la moindre taxe nouvelle pour combler les déficits, l’État devra appliquer à lui-même la méthode du Budget Base Zéro. Chaque ministère devra justifier chaque euro dépensé. L’objectif est une baisse de 15% des dépenses de fonctionnement de l’État sur 5 ans.

La France n’a pas besoin de nouvelles taxes bricolées sur un coin de table à l’Assemblée Nationale qui terminent avec des hangars de douane vides. Elle a besoin d’une architecture fiscale simple, prévisible et incitative.

Il est temps de confier les clés de la machine à ceux qui savent comment les systèmes fonctionnent dans le monde réel.

Thierry Maignan
Bâtisseur du Projet Phénix


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