On me demande souvent si je suis de droite ou de gauche. Ma réponse dérange, car elle ne rentre dans aucune case : je suis trop à droite pour la gauche, et trop à gauche pour la droite.
Certains y voient une faiblesse, une indécision. J’y vois au contraire la clé de notre sursaut national. Car si la France est aujourd’hui paralysée, c’est précisément parce qu’elle est prisonnière de ces vieux logiciels, incapables de répondre aux défis du siècle. L’heure n’est plus à choisir un camp, mais à choisir une direction.
Le Projet Phénix n’est pas une collection de mesures. C’est une doctrine d’action cohérente, bâtie sur trois piliers fondamentaux.
1. La Doctrine de la Lucidité : La Récession Choisie contre la Récession Subie
La première de nos missions est de regarder la réalité en face. La France n’a plus le choix entre l’effort et le confort. Elle a le choix entre une transformation maîtrisée et un effondrement chaotique.
Continuer sur la trajectoire actuelle, c’est attendre passivement que les marchés financiers et les instances supranationales nous imposent une purge brutale, une austérité subie dans l’humiliation qui détruira notre modèle social.
Ma doctrine est celle de la souveraineté. Elle consiste à avoir le courage de mener nous-mêmes, selon nos propres termes, la restructuration de notre État. C’est un effort exigeant, oui, mais c’est un effort qui nous rendra maîtres de notre destin. C’est la différence entre le chirurgien qui opère pour sauver le patient, et le banquier qui vient saisir les biens.
2. La Doctrine de la Responsabilité : La Grande Bascule
Notre modèle social, qui fut un formidable outil d’émancipation – et je suis bien placé pour en témoigner –, est devenu une machine à financer l’inactivité par la dette. C’est une impasse morale et financière.
La « Grande Bascule » est au cœur de ma vision. Elle consiste à opérer un transfert massif de la valeur de l’assistanat vers le travail. Chaque euro économisé sur une solidarité passive doit être immédiatement réinvesti en baisse de charges pour ceux qui créent la richesse du pays.
Il ne s’agit pas d’abolir la solidarité, mais de la sauver. Il s’agit de la refonder sur le principe de responsabilité : la Nation doit être un tremplin pour ceux qui en ont besoin, pas un filet de dépendance permanente. Aider, oui. Entretenir l’inactivité, non.
3. La Doctrine de l’Héritage : Le Contrat avec la Génération Pivot
La responsabilité la plus sacrée d’une génération est de transmettre à la suivante un pays plus fort, pas un fardeau de dettes. Notre génération, la « Génération Pivot », a un devoir historique.
Ce devoir justifie l’effort que je demande. Mais cet effort n’est pas un sacrifice sans contrepartie. C’est un contrat, avec une promesse triple : un pouvoir d’achat immédiatement augmenté par le travail, des services publics qui retrouvent l’excellence, et surtout, la création de notre Fonds Souverain « Héritage France ».
C’est là que notre doctrine transcende les anciens clivages. En taxant fortement les successions les plus élevées pour abonder ce fonds, nous posons un acte de justice sociale que la gauche n’a jamais osé. Et en utilisant ce capital pour doter chaque jeune Français d’un patrimoine de départ, nous créons un outil d’émancipation et de capitalisme pour tous que la droite n’a jamais imaginé.
Conclusion : Une Doctrine de Salut Public
Cette vision n’est ni de droite, ni de gauche. Elle est française. Elle est fondée sur la lucidité, la responsabilité et le sens de l’héritage.
Mon engagement ne vient pas d’une ambition personnelle, mais d’un sentiment d’urgence. C’est le devoir d’un citoyen qui a passé sa vie à construire et à maintenir des systèmes complexes, et qui voit aujourd’hui le plus important de tous – notre pays – se diriger vers la rupture.
Ce n’est pas une doctrine de parti. C’est une doctrine de salut public.
Thierry Maignan