Allocation Sociale Unique : La Simplification ne suffit pas, il faut la Responsabilisation.

On entend beaucoup parler ces jours-ci du projet de fusion des aides sociales (RSA, Prime d’activité, ASS) en une seule allocation. L’objectif affiché par l’exécutif ? Simplifier le « millefeuille » administratif et lutter contre le non-recours aux aides.

Soyons clairs : le diagnostic de la complexité est juste. Notre système est devenu illisible, coûteux en gestion et humiliant par sa lourdeur pour ceux qui en ont besoin. Mais la réponse envisagée est une réponse de technocrates, là où nous avons besoin d’une réponse de bâtisseurs.

Fusionner des lignes comptables sans changer la philosophie du système, c’est mettre un pansement sur une fracture.

Le Vrai Problème : Un Système qui a Oublié le Sens de l’Effort

Le problème de notre modèle social n’est pas seulement qu’il est compliqué. C’est qu’il a cessé d’être un tremplin pour devenir, trop souvent, un filet de dépendance.

Je suis bien placé pour le savoir : issu d’une famille modeste touchée par le handicap, c’est la solidarité nationale qui nous a permis de vivre dignement. Mais à l’époque, cette aide était vécue comme une chance de s’en sortir, une main tendue pour rebondir. Aujourd’hui, par un effet pervers d’empilement, le système crée des « trappes à inactivité » où le retour au travail n’est parfois pas assez rentable par rapport à l’assistance.

Simplifier les formulaires est une bonne chose. Mais si l’on se contente de verser une allocation unique sans rien changer au contrat social, on ne résout rien. On pérennise l’échec.

La Réponse Phénix : Le « Revenu de Base Actif » (RBA)

Dans le cadre du Projet Phénix (Mesure 2.2), je propose d’aller beaucoup plus loin qu’une simple fusion administrative. Je propose un changement de paradigme : le passage d’une solidarité passive à une solidarité active.

Comme le gouvernement, nous fusionnerons le RSA, la Prime d’activité et les APL. Mais nous ne l’appellerons pas « Allocation Unique ». Nous l’appellerons le Revenu de Base Actif (RBA).

Pourquoi « Actif » ? Parce que la différence fondamentale est là :

  1. Le Contrat d’Engagement : Dans notre projet, le versement de cette aide unifiée sera strictement conditionné à 15 à 20 heures d’activité par mois. Il ne s’agit pas de travail forcé, mais d’activité d’insertion : formation, travaux d’intérêt général, recherche d’emploi intensive vérifiée. La solidarité est un droit, l’effort d’insertion est un devoir.
  2. La Fin des Trappes à Inactivité : Ce RBA sera couplé à notre mesure de « Grande Bascule » (baisse massive des charges sur les salaires). L’objectif est mathématique et moral : le travail doit toujours payer visiblement plus que l’inactivité.
  3. Le Plafonnement Global : Nous instaurerons un plafond strict : le cumul de toutes les aides ne pourra jamais dépasser 1,5 SMIC net par foyer. Il est incompréhensible pour un travailleur modeste de voir son voisin inactif gagner autant que lui par le jeu des cumuls.

Conclusion : Du Guichet au Tremplin

Le gouvernement veut lutter contre le « non-recours » (les gens qui ne demandent pas l’aide). C’est louable. Mais mon ambition est de lutter contre la « non-activité ».

Je ne veux pas d’une France où l’on facilite la vie dans l’assistance. Je veux une France où l’assistance est efficace, digne, temporaire, et où tout est fait pour ramener le citoyen vers l’emploi et l’autonomie.

Fusionner les aides ? Oui, faisons-le. Mais faisons-le avec courage, en y intégrant la conditionnalité de l’effort. C’est le seul moyen de sauver notre modèle social et de respecter ceux qui le financent par leur travail.

Thierry Maignan
Porteur du Projet Phénix

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