Le sentiment de colère est légitime.
Je l’entends partout sur le terrain. Vous en avez assez des normes absurdes qui brident nos agriculteurs et nos entreprises. Vous ne supportez plus que des décisions prises loin de nous semblent s’imposer à notre quotidien. Vous avez l’impression que la France ne décide plus de rien.
Face à cela, la tentation est grande de dire : « Ça suffit, on s’en va. On fait le Frexit. » C’est une réaction d’orgueil compréhensible. C’est une solution qui paraît simple, radicale et immédiate.
Mais mon rôle, en tant qu’ingénieur qui a passé sa vie à gérer des systèmes complexes, n’est pas de vous vendre du rêve. C’est de vous dire la vérité sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
Et la vérité, c’est que le Frexit, aujourd’hui, serait un piège mortel pour la France. Voici pourquoi, en trois points simples.
1. Le Piège de la Dette : On ne divorce pas quand on est ruiné
C’est l’argument le plus terre-à-terre, mais c’est le plus important.
Imaginez un foyer surendetté, qui doit de l’argent à toute la ville. Tant qu’il fait partie d’une grande copropriété solide (l’Zone Euro), les banquiers lui prêtent à des taux raisonnables, car ils ont confiance dans la copropriété.
Si ce foyer claque la porte brutalement pour s’isoler, les banquiers vont paniquer. Ils vont dire : « Il est seul, il est ruiné, il ne pourra jamais rembourser ». Résultat ? Les taux d’intérêt explosent.
La France a 3000 milliards de dette. Aujourd’hui, nous sommes protégés par l’Euro. Si nous sortons demain pour revenir au Franc, notre nouvelle monnaie va s’effondrer face à l’Euro et au Dollar.
- Conséquence immédiate : Votre essence, votre café, votre smartphone, tout ce qu’on importe va coûter 20% ou 30% plus cher.
- Conséquence financière : La charge de notre dette va exploser. Nous serons en faillite en quelques mois. C’est la ruine de l’épargne des Français.
Le Projet Phénix est un projet de responsabilité : on ne saute pas du navire quand on ne sait pas nager.
2. Le Mensonge du « C’est la faute de Bruxelles »
On nous répète souvent : « On ne peut rien faire, c’est l’Europe qui l’impose ». C’est faux dans 80% des cas.
Le vrai problème de la France, ce n’est pas la tyrannie de Bruxelles, c’est la lâcheté de nos propres dirigeants et le zèle de notre propre administration.
Regardez nos voisins. L’Europe impose une norme ? L’Allemagne l’applique strictement. L’Espagne l’applique. La France ? Elle l’applique, et elle rajoute trois couches de complexité par-dessus ! C’est ce qu’on appelle la « sur-transposition ».
- L’Exemple Agricole : Nos agriculteurs ne meurent pas des normes européennes (qui s’appliquent aussi aux autres), ils meurent des normes françaises qui sont plus dures que les normes européennes !
Pour arrêter ça, pas besoin de Frexit. Il faut juste du courage politique. Le Projet Phénix propose un principe simple : Aucune norme française ne doit être plus dure que la norme européenne. Si l’Europe demande 1, on fait 1. Pas 1,5.
La souveraineté, ça commence par arrêter de se tirer une balle dans le pied tout seul.
3. La Stratégie de la Reconquête : Comment redevenir le Patron
Quitter l’Europe, c’est pratiquer la politique de la chaise vide. C’est laisser l’Allemagne décider seule des règles du continent à notre porte. Mais y rester pour se taire, c’est pire.
Aujourd’hui, si la France ressemble parfois à un « pantin » de l’Allemagne, c’est pour une raison simple : l’Allemagne tient les cordons de la bourse et nous, nous demandons sans cesse des délais pour payer nos dettes. On ne donne pas d’ordres à son banquier, on l’écoute.
Pour inverser ce rapport de force et imposer nos vues, le Projet Phénix propose une stratégie en trois temps :
A. Retrouver notre Crédibilité pour regarder Berlin dans les yeux
C’est la base de tout. Tant que la France sera le mauvais élève de la classe qui quémande de la tolérance pour ses déficits, sa voix ne portera pas.
En appliquant la Récession Choisie et en rétablissant l’équilibre budgétaire en 5 ans, nous nous libérons de cette tutelle morale. Le jour où la France n’a plus besoin de la « permission » financière de l’Europe, elle retrouve instantanément sa liberté de ton politique. Une France riche et bien gérée fait peur ; une France endettée fait pitié.
B. Jouer notre « As » : L’Arme Nucléaire Économique
L’Allemagne a commis une erreur stratégique majeure en abandonnant le nucléaire pour le charbon et le gaz russe. Son industrie est aujourd’hui fragilisée par une énergie chère. La France a l’avantage décisif : le parc nucléaire.
Au lieu de s’excuser d’avoir du nucléaire (comme le font nos gouvernants actuels pour ne pas froisser les Verts allemands), nous allons en faire une arme de guerre économique :
- Nous bloquerons toute réforme du marché européen de l’électricité qui ne favorise pas notre coût de production bas.
- Nous attirerons les industries européennes chez nous grâce à une énergie moins chère.
C’est le rapport de force pur : quand notre économie deviendra plus compétitive que la leur grâce à l’énergie, c’est l’Allemagne qui viendra négocier, pas l’inverse.
C. Construire la « Coalition du Réalisme »
L’Allemagne dirige souvent seule ou avec les petits pays du Nord. Mais la France n’est pas isolée ! Sur l’immigration, l’Italie et la Grèce attendent une France ferme. Sur l’énergie, les pays de l’Est veulent du nucléaire. Sur l’agriculture, l’Espagne est une alliée.
La France doit cesser d’être obsédée par le « couple franco-allemand » qui est devenu un marché de dupes. Nous allons bâtir des alliances de circonstance pour mettre l’Allemagne en minorité sur les sujets vitaux.
Conclusion : La Souveraineté est un Muscle
Le Frexit est une fuite en avant. C’est penser qu’en cassant le thermomètre, on fera baisser la fièvre.
La vraie voie, celle du courage, c’est de comprendre que la souveraineté n’est pas un texte juridique, c’est un muscle. Elle s’exerce.
- Quand on redresse ses comptes, on se muscle.
- Quand on produit son énergie, on se muscle.
- Quand on protège ses frontières, on se muscle.
Une France forte, riche, sûre d’elle et libérée de sa dette n’aura pas besoin de quitter l’Europe : elle la dirigera.
Ne cherchons pas des boucs émissaires à l’extérieur. Reconstruisons notre puissance de l’intérieur. C’est tout le sens du Projet Phénix.
Thierry Maignan
Candidat de la Société Civile – Projet Phénix