Macron Découvre le Protectionnisme : Un Discours, Mais Quel Plan ?

Le Président de la République a profité de la Grande exposition du fabriqué en France pour appeler à une « politique de protection de notre industrie ». Ce diagnostic, bien que tardif, est juste. Mais un diagnostic ne fait pas une stratégie. Derrière les mots, qui peut croire un seul instant à la cohérence d’une politique qui dénonce la concurrence déloyale le vendredi, après avoir passé des années à signer les traités de libre-échange qui l’organisent ?

Le Grand Écart : Dénoncer les Symptômes, Chérir les Causes

Le Président Macron fustige la « surproduction chinoise » et la « concurrence déloyale ». Comment ne pas être d’accord ? Mais cette indignation sonne creux. C’est sous sa présidence que l’accord de libre-échange avec le Canada (CETA) a été ratifié, et que celui avec le Mercosur a été poussé, deux machines à désindustrialiser et à affaiblir nos standards agricoles et environnementaux.

Parler de « protection » sans remettre en cause le cadre global du libre-échange généralisé, c’est comme vouloir vider l’océan avec une cuillère. Le Projet Phénix, lui, est clair : notre Doctrine de Souveraineté Stratégique (Pilier II) assume une suspension de l’aide internationale non-stratégique et une réorientation complète de notre politique commerciale. La souveraineté n’est pas un slogan pour une exposition, c’est un choix radical qui se traduit par des actes.

L’Illusion de la « Réindustrialisation Décarbonée » par les Normes

Le Président lie, à juste titre, la réindustrialisation à la décarbonation. Mais sa méthode est celle que nous subissons depuis des années : une écologie de la contrainte, des normes toujours plus complexes et des subventions coûteuses.

Notre Pacte de Réalisme Écologique et Énergétique (Pilier III) propose une voie radicalement différente. Oui à la réindustrialisation, et oui à la décarbonation, mais en capitalisant sur notre véritable force : le nucléaire. Il faut lancer un grand plan de construction de nouveaux réacteurs et imposer un moratoire sur les nouvelles normes plus contraignantes que la moyenne européenne. Plutôt que de subventionner l’achat de véhicules étrangers, nous devons investir dans notre indépendance énergétique. Voilà le chemin d’une écologie de la production, pas de la punition.

Conclusion : L’Heure n’est plus aux Discours, mais à la Construction

Le Président a raison de dire que le protectionnisme ne doit pas être un « gros mot ». Mais il devient un mot vide quand il n’est pas soutenu par un plan cohérent. On ne peut pas prétendre protéger l’industrie française tout en restant le champion de la mondialisation qui l’a affaiblie.

Arrêtons de mettre des pansements sur une hémorragie. La France n’a pas besoin de communiqués de presse, mais d’un plan de refondation. Un plan qui assume une rupture, qui est chiffré, et qui redonne à notre pays la maîtrise de son destin économique, énergétique et stratégique. Le Projet Phénix n’est pas un catalogue de réactions, mais un plan de construction.

Thierry Maignan


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut