J’ai regardé avec attention une vidéo récemment publiée qui exprime, avec des mots forts, le sentiment de beaucoup de nos compatriotes : la transmission du patrimoine, fruit du travail de toute une vie, est devenue en France une source d’angoisse et un parcours fiscal punitif.
Cet influenceur a raison sur le diagnostic : avec une fiscalité parmi les plus lourdes au monde, la France décourage la transmission, pousse à l’expatriation et nourrit un cynisme profond envers l’impôt. Il met le doigt sur le « papy-boom » et l’immense transfert de patrimoine à venir, que l’État actuel regarde avec l’appétit d’un prédateur aux caisses vides.
Le débat sur l’héritage est piégé. D’un côté, la défense d’une taxation confiscatoire au nom d’une égalité théorique. De l’autre, un appel à la suppression quasi-totale au nom de la propriété privée. Ces deux visions sont des impasses. Elles manquent la question essentielle : à quoi doit servir la richesse d’une Nation ?
Le Projet Phénix apporte une troisième voie, une véritable révolution philosophique. Pour la comprendre, analysons les arguments en présence.
1. L’Argument Moral : La Double Sanction
- Le « Contre » (La vision actuelle) : L’argument principal contre l’impôt sur les successions est d’ordre moral. Le patrimoine transmis n’est pas de l’argent « tombé du ciel ». Il est le résultat d’un travail qui a déjà été taxé une première fois (impôt sur le revenu), d’une consommation qui a été taxée une deuxième fois (TVA), et d’une épargne qui a été taxée une troisième fois (impôts sur les revenus du capital). La succession est donc perçue comme une quadruple peine, une spoliation de l’effort familial. La volonté de protéger ses descendants est le moteur le plus noble et le plus naturel qui soit. Le punir, c’est s’attaquer au cœur même du pacte familial.
- Le « Pour » (La vision officielle) : L’argument en faveur de l’impôt est celui de l’égalité des chances. Il viserait à corriger les « inégalités de naissance » pour que la réussite ne dépende que du mérite individuel, et non de la « loterie de la naissance ».
2. L’Argument Économique : La Création d’Argent Mort
- Le « Contre » : Une fiscalité successorale trop lourde est un poison économique. Elle crée de « l’argent mort ». Plutôt que d’investir dans des entreprises, dans l’innovation ou dans l’immobilier productif, les épargnants sont poussés à chercher des niches complexes, à thésauriser ou, pire, à organiser leur expatriation fiscale. C’est une perte sèche de capital, de talents et de dynamisme pour notre pays. On ne peut pas prétendre vouloir réindustrialiser la France tout en punissant le capital qui pourrait financer nos usines.
- Le « Pour » : L’impôt sur les successions est censé financer les services publics, la transition écologique, la recherche… des investissements d’avenir qui profiteraient à tous.
3. L’Argument Sociétal : La Rupture du Pacte Intergénérationnel
- Le « Contre » : La transmission n’est pas qu’une affaire financière. C’est le ciment qui lie les générations. C’est la maison familiale, le savoir-faire artisanal, l’entreprise transmise de père en fils. En rendant cette transmission si difficile, l’État ne fait pas que prendre de l’argent : il brise ce lien, force la vente des biens familiaux et détruit le sens même de la construction sur le long terme.
- Le « Pour » : Une société juste serait une société de « rentiers » où le poids des dynasties patrimoniales déterminerait la position sociale de chacun.
La Synthèse du Projet Phénix : Remplacer la Punition par l’Investissement National
Notre diagnostic est clair : le système actuel est moralement injuste, économiquement inefficace et sociétalement destructeur. Mais la solution n’est pas de supprimer toute contribution. La solution est de changer radicalement la finalité de l’impôt sur l’héritage.
Voici notre révolution :
- Le principe de base est la protection de la transmission familiale. Le fruit du travail d’une vie doit pouvoir être transmis.
- Cependant, nous instaurons une forte taxation sur les successions les plus élevées, au-delà de plusieurs millions d’euros. Mais – et c’est là que tout change – l’intégralité de ces recettes ne tombera plus dans le tonneau sans fond du budget général de l’État.
- Chaque euro prélevé sera directement et intégralement versé dans notre Fonds Souverain « Héritage France » (FSRA).
Les conséquences de ce changement sont immenses :
- Sur le plan moral : L’impôt n’est plus une punition, il devient une contribution au patrimoine de la Nation. La richesse exceptionnelle d’une dynastie ne sert plus à financer les dépenses courantes de l’État, mais à bâtir le capital de départ de tous les jeunes Français. C’est le passage d’une logique de spoliation à une logique de solidarité par l’investissement.
- Sur le plan économique : Nous ne créons plus de « l’argent mort », mais de « l’argent catalysé ». Ce capital, autrefois dormant ou cherchant à fuir, est capté et immédiatement réinvesti par le FSRA dans l’économie mondiale et nationale, générant des rendements pour les générations futures.
- Sur le plan sociétal : Nous ne brisons plus le pacte intergénérationnel, nous le réinventons à l’échelle de la Nation. Le conflit entre « héritiers » et « non-héritiers » s’efface au profit d’une nouvelle réalité : grâce au FSRA, chaque Français devient héritier de la réussite collective de la France.
En conclusion, la question n’est pas de savoir s’il faut plus ou moins taxer l’héritage. La question est de savoir si nous voulons un impôt qui punit, ou un impôt qui bâtit.
Le Projet Phénix a choisi. Nous transformerons cet outil de division en le plus puissant levier de cohésion nationale et de prospérité pour le siècle à venir.