J’ai écouté avec une grande attention l’interview de Bruno Retailleau sur Europe 1 ce matin. Son diagnostic sur l’état de la France est lucide, courageux, et malheureusement exact.
Oui, notre pays est fracturé. Oui, l’autorité de l’État, fondement de notre pacte républicain, s’est effondrée. Oui, il existe une déconnexion profonde entre le dévouement admirable de la « base » ( nos policiers, nos soignants, nos fonctionnaires de terrain) et un « sommet » qui, trop souvent, donne le sentiment d’avoir démissionné face au réel.
Sur ce constat, nous nous rejoignons. Nommer les problèmes est la première étape indispensable. Violence juvénile, submersion par l’entrisme islamiste, démission du sommet de l’État… ce sont les symptômes d’une nation qui a perdu sa boussole.
Mais un constat, même juste, ne suffit plus. Un diagnostic n’est pas une cure.
Les Français n’attendent plus seulement des responsables politiques qu’ils décrivent la maladie. Ils attendent un plan de traitement. Un projet qui non seulement restaure, mais surtout, refonde. Un projet qui ne se contente pas de vouloir « rebâtir la droite », mais qui ambitionne de rebâtir la France elle-même, en dépassant les vieux clivages et les solutions du passé.
Lorsque Bruno Retailleau parle de restaurer l’autorité, je partage entièrement son ambition. C’est la raison d’être du Pilier I du Projet Phénix. Lorsqu’il appelle à renouer avec la « responsabilité », je le rejoins totalement. C’est la philosophie même de ma « Grande Bascule », qui vise à rendre le travail toujours plus payant que l’inactivité.
Mais là où il faut aller plus loin, c’est sur la vision d’avenir. Le défi du 21ème siècle n’est pas seulement de réparer ce qui a été cassé, mais d’inventer ce qui nous rendra plus forts. C’est le sens de ma proposition la plus fondamentale : le Fonds Souverain (FSRA). Il ne s’agit pas simplement de gérer le déclin ou de colmater les brèches, mais de construire un héritage national pour les générations futures. Il s’agit de doter chaque jeune Français d’un capital de départ, de garantir nos retraites par la puissance de l’épargne collective. C’est cette ambition qui peut véritablement « gagner la bataille des esprits », non pas pour un parti, mais pour le pays tout entier.
Le temps n’est plus aux accommodements ni aux restaurations timides. Le temps est à la reconstruction. Je salue donc le diagnostic de Bruno Retailleau, mais j’invite tous ceux qui le partagent, et tous les Français, à regarder au-delà : vers un projet qui allie la rigueur de la gestion, l’autorité de l’État et une ambition sociale et souveraine inédite.
C’est le chemin que je propose.
Thierry Maignan